mardi 5 mai 2009

L'aventure d'un sac à dos

Il y a quelques centaines de mètres entre la sortie du métro et la gare de bus de Nankin.

Le mercredi, je suis sortie du métro en portant un sac à dos. Plusieurs fois j’ai senti le frémissement de mon sac mais je n’ai rien fait comme devant le frémissement des feuilles d’un arbre jusqu’au moment où une idée a surgi : Voleur ! J’ai tourné ma tête, et bien : un jeune homme Ouïgour en face de moi. Je ne me suis pas empêchée de pousser un cri :
« Ah ! »
« Merde ! » m’a répondu-t-il.
Et il s’est tourné. Il ne courait pas, il marchait à grands pas. Stupéfaite, je le regardais avec un coeur qui battait fort. Un homme au bord de la rue me souriait : il était content d’avoir vu une drôle de scène.

Le dimanche, je suis sortie de la gare de bus en portant mon sac à dos où je n'ai mis que des livres . Il y avait beaucoup de monde. J’ai vu tout à coup une fermeture à glissière près de ma main, d’un sac à dos porté par un jeune homme. Le miracle m’est arrivé : j’ai eu, pendant quelques secondes, une impulsion de l’ouvrir ! Pas pour voler, juste pour ouvrir.

Je me suis rappelée un homme qui m’avait dit qu’il avait souvent envie de déshabiller les femmes en uniforme quand il les voyait. Je m’étais moquée de lui et il avait rétorqué : « Ce n’est pas pour les violer ni même faire l’amour avec elles, mais simplement pour les déshabiller ! » Je pouvais parfaitement le comprendre au moment où j’ai contenu mon désir d’ouvrir le sac à dos d’un inconnu.

J’imaginais, lorsque je marchais dans la rue de la gare de bus à l’entrée du métro, que tout le monde autour de moi : jeunes, âgés, femmes, hommes, chinois, étrangers, tous étaient nus. J’ai marché à grands pas en regardant les gens qui avaient l’air tranquille et les voitures somptueuses qui passaient dans ce monde de nudité : un petit sourire fleurissait sur mon visage poussiéreux.

7 评论:

jb a dit…

(encore une histoire d'autrefois)


Un homme s'installe dans un café pour écrire une lettre. Un autre client se tient debout derrière lui et semble regarder le contenu de la lettre. L'homme écrit: "Je pourrais te dire encore bien des choses, s'il n'y avait pas un homme indiscret en train de lire ce que j'écris."

L'indiscret proteste avec force: "Comment osez-vous écrire un tel mensonge? Je n'ai strictement rien lu de ce que vous écrivez, ça ne m'intéresse pas".

Lire ce qu'écrivent les autres, voir ce qu'ils ont dans leurs bagages, et comment ils sont sous leurs habits, c'est dans les profondeurs de la nature humaine, c'est "vouloir tout savoir".

Silouane a dit…

J'ai souvent rêvé d'être un voleur pour l'adrénaline que procurent la peur, le désir, la tension au moment de commencer son coup.Le philosophe B Stiegler a fait plusieurs années de prison pour braquage de banque, cette conjonction de destinée vaut le respect.http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Stiegler

Neige a dit…

Silouane,
Un jour, quand j'établirai un groupe de voleurs, je t'inviterais à y adhérer : )

Oncle Bernard a dit…

Déshabiller les femmes en uniforme serait un fantasme difficile à réaliser en France, vu que dans la rue, on ne croise pratiquement plus d'uniformes. Même les facteurs - profession très féminisée - ont juste une espèce d'horrible parka. Je ne sais plus quel humoriste (au secours, jb !) affirmait que le seul intérêt des vêtements féminins, c'était de savoir que les femmes étaient nues en dessous.

Neige a dit…

C'est toi l'humoriste, mon oncle. Que j'ai ri en lisant ce "au secours,jb!" : )

jb a dit…

On trouve quelque chose sur la nudité infra-vestimentaire chez Carol Ann Duffy. Mais c'est très répandu par ailleurs.

Oncle Bernard a dit…

A la réflexion,je crois que l'humoriste en question est Sacha Guitry. Guitry (je précise pour Neige) fut un grand producteur de "mots d'esprit", mais je crois qu'il est souvent considéré comme un affreux misogyne. En tout cas, il est le père du célèbre "Je suis contre les femmes. Tout contre..."
Merci quand même, jb !

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