samedi 28 mars 2009

Le chauffeur et les demoiselles

Avant de quitter Ji’nan, j’ai fait une chose luxueuse : j’ai demandé au chauffeur d’un taxi de faire un tour au centre-ville avant de me conduire à la gare. Celui-ci était un garçon très bavard qui connaissait bien la ville, ce qui m’a plu. Il m’a demandé d’un coup : « Tu as un appareil photo ? » « Oui, pourquoi ? » « Prépare-le ! » Il a arrêté la voiture devant la mairie de la ville, descendé la fenêtre et donné son commandement : « Photo ! » Je ne voyais aucun intérêt dans ce bâtiment laid, mais j’en ai pris une photo pour lui faire plaisir. Ensuite, la résidence du préfet qui datait de la dynastie des Qings(mon appareil est trop mauvais pour bien fonctionner le soir):Le taxi s’est arrêté devant un feu rouge. Un homme est venu donner une carte au chauffeur. « Salaud », dit le garçon. « Qu’est-ce qu’il y a ? » « C’est pour tromper les enfants : 100 retiré de 168, comment c’est possible ? Une part pour le centre, une part pour les demoiselles, combien reste-il encore ? » Je n’ai rien compris de ce qu’il a dit. Il m’a expliqué donc : l’homme qui est venu tout à l’heure travaillait pour un lieu de prostitution. Il distribuait cette carte aux chauffeurs de la ville pour qu’ils conduisent les hommes au centre. Si un homme y dépensait 168 yuans, celui qui l’avait emmené pouvait retirer 100, aussi 200 de 300, 250 de 368, 300 de 500:
Les lieux de prostitution en Chine se déguisent souvent en centre de salles de bain(洗浴中心), salon de massage(足疗、按摩), ou bien maison de coiffure(洗头房). On appelle les prostituées « demoiselles »(小姐). Le garçon m’a montré la carte. Lorsque je la lui ai rendue, il a refusé : « A quoi sert-elle si je la garde ? » Alors je l’ai mise dans mon sac en souvenir de mon voyage à Ji’nan.

5 评论:

jb a dit…

Une revue scientifique allemande, appelée Max Planck Forschung quelque chose, a utilisé récemment des caractères chinois, qui lui semblaient comoser des phrases très poétiques, pour illustrer la couverture d'un numéro sur la science en Chine. En fait, c'était la publicité d'une agence de prostitution. La revue a publié des excuses (aux lecteurs, ou aux demoiselles?)...

Silouane a dit…

Ca peut être très compliqué... :
http://caichongguo.blog.lemonde.fr/2009/02/13/un-commerce-prticulier/

Neige a dit…

Merci pour le lien,Silouane. Je lis régulièrement Laocai et l'histoire dans ce billet-là m'a frappée.

JB, merci, que j'ai ri en lisant la publicité!

Guillaume a dit…

C'est fou ce que gagnent les chauffeurs, pour un tel business. On peut se demander combien gagnent les pauvres filles...

Silouane a dit…

Cette histoire ne m'a pas frappé. Rien de plus normal dans un pays où la corruption est partout. Tant qu'un système sans contre-pouvoir perdurera, on aura toujours de tels agissements.

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