Lundi dernier, mon professeur de christianisme Miikka a emmené un assistant dans la classe qui servait d’interprète pour lui. Il aurait dû faire ça plus tôt parce que c’était très difficile pour nous de le suivre quand il parlait en anglais avec un vocabulaire religieux. C’était un garçon à peu près de mon âge, chercheur du « dialogue entre la religion et la science » et son mémoire de maîtrise était dirigé par Miikka. Le garçon faisait ses études au Séminaire Théologique de Nanjing, seul séminaire national de Chine. Il avait plein de vivacité, avec ses sourires, ses gestes et un esprit rapide et lucide quand il faisait la traduction. J’étais de temps en temps dans la lune en le regardant : « Qu’est-ce qu’il fait quand il ne lit pas la Bible ? Il croit vraiment en...Création, par exemple ? Quand il est devenu chrétien ?... Il a une copine ? Elle est aussi chrétienne ?... » Après le cours, je suis restée un moment pour parler un peu avec lui. C’est en 2003 qu’il est devenu chrétien. « Les causes étaient...pardon, je sais que c’est privé, mais si tu veux... » « Tu sais, mon grand-père est un père. L’influence familiale. » « Alors pourquoi pas le devenir à ton enfance ? » « Mon enfance ? » il a ri, « je suis un bon jeune homme qui a reçu la bonne éducation de notre parti. » Et puis il a dit de nouveau « bienvenu » au concert religieux qui aurait lieu demain soir au Séminaire. Si j’ai envie d’y aller, franchement, c’est plutôt la vie des étudiants de théologie qui m’intéresse. J’ai trouvé un petit article ce soir qui racontait des intrigues entre les différents champs du Séminaire de Nanjing : où qu’il y ait des êtres humains, il y a des intérêts et des combats, même si l’on lutte au nom de Dieu.
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"prenez et mangez, ceci est mon cochon",c'est "Hoc est corpus"? Cochonfucius parle du cochon...: )
Pour moi, la mort n'est pas une direction, mais une chose qui accompagne la vie tout le temps jusqu'au moment où elle supprime à sa guise la dernière. La vie n'a pas de sens ni de direction. Quelque poésie fugace, et ça vaut déjà la peine de vivre.
mercredi 4 juin 2008
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4 评论:
C'est une chose passionnante, de voir que la théologie est encore présente en Chine. La chronique en ligne d'Artslivres a récemment commenté un ouvrage de Michael Francis Gibson, dans lequel il explique le besoin de transcendance qui poursuit les hommes en tout temps et en tout lieu. De transcendance, de rituel, de beauté pure, il y a là aussi une sorte de poésie.
Cher Cochonfucius, j'aime bien le passage de votre article dans lequel vous parlez de manger du cochon, "prenez et mangez, ceci est mon cochon", mais la thèse de Gibson telle que je la comprends me paraît assez déplaisante. Si le besoin de transcendance, c'est celui de réponses à des questions sur le "sens de la vie", alors il serait préfèrable de se passer de transcendance. Les gens veulent absolument avoir des réponses à leurs petites questions alors ils en inventent mais montrent seulement par là qu'en fait ils n'aiment pas les questions, que l'ouverture ou l'indécision de la question leur était isupportable. Finalement, ce sont eux qui ferment la porte à toute transcendance. On n'a pas besoin de transcendance, on a besoin de silence pour nos petits rituels.
Il y a à mon avis une grosse erreur à parler des "chrétiens" en général. Il y a, d'un côté des partisans de la foi comme réponse et comme justification de l'existence, la tendance protestante, et il y a, d'un autre côté, les ritualistes, qui peuvent aussi bien être catholiques, orthodoxes ou confucéens, et que le thème du "sens" ennuie un peu.
Moi, je dirais que la vie n'a pas de "sens", de signfication, mais qu'elle a une direction : la mort pour tout le monde. Dieu reconnaîtra les siens.
Camarade Ben, je suis bien d'accord que la vie n'a pas de "sens", car elle n'est pas un document. Mais le "besoin de sens", curieusement, existe chez plein de gens.
Voir par exemple les Conclusions du chercheur qui signe 'Escape' ainsi que mes réponses, certes bien incomplètes.
Je reconnais aussi que votre distinction entre hommes de foi et ritualistes est fort pertinente. Mais d'après moi, le but de Gibson n'est pas de formuler une apologie du christianisme. C'est plutôt de réhabiliter le souci esthétique et la notion de la grandeur de l'homme et de chaque personne en particulier. Cela se disait autrefois "image de Dieu", mais désormais on trouve aussi cette noblesse de coeur chez de véritables athées aussi bien que chez des monothéistes, ou encore dans le bouddhisme Zen dont on ne sait pas s'il relève de l'un ou de l'autre.
Je ne sais pas comment l'appeler. "Présence à sa propre mort" n'en décrit pas bien l'essence. Tout simplement, peut-être, "joie de vivre".
Pauvre garçon, déjà mort moralement à son âge... remarque, a t il déjà été vivant?
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