jeudi 14 février 2008

Rêves sous le soleil

Il fait assez froid à la maison sans le climatiseur. Heureusement, il faut toujours beau depuis que je suis rentrée. Chaque jour après le déjeuner, je m’assois sur une chaise devant la maison pour passer une ou deux heures avec le soleil en dormant. Aujourd’hui, quand je me suis réveillée, maman s’assoyait à côté de moi en préparant la nourriture pour mon départ. C’est son habitude depuis que je suis devenue pensionnaire il y a dix ans de faire beaucoup de choses à manger et me les faire apporter. Je proteste chaque fois à cause de la lourdeur des bagages : « Maman, je ne pars pas pour un désert ! Il y a tout à l’école !» Chaque fois en vain. Je la regardais sous le soleil, le vent passait, les oiseaux chantaient...je me sentais tellement douleureuse en pensant à mon départ. Pour la première fois de ma vie, je me disais que je partirais pour un désert. Mes larmes étaient sur le point de couler. « Maman, je veux arrêter mes études. » Les professeurs sont ennuyeux, je ne sais pas écrire les mémoires, mon amie a quitté la ville, il n’y a pas de garçon qui m’attend, même la nourriture est terrible... « Pourquoi ? » « C’est ennuyeux de vivre dans le dortoir. » « Je ne suis pas contre du tout. Si tu travailles et vis dans un appartement avec une cuisine, tu peux manger mieux sans le mal à l’estomac. » « Et j’aurais un enfant. Je m’occuperais de lui comme tu t’occupes de moi... » Maman est une femme heureuse. Elle est pour la plupart du temps de très bonne humeure. Avec un mari drôle et une fille drôle (papa et moi la font rire souvent ), avec des animaux, un jardin des légumes, une terre, un boulot qui lui plaît à l’usine du drap où travaillent les femmes de son âge, des voisins qu’elle connaît depuis son mariage, avec une mère qui n’habite pas loin et qui l’aide à faire les rapas importants, elle ne sait pas ce que c’est l’ennui ni le malheur. J’aurais plaisir de vivre comme elle, d’avoir une petite maison à la campagne avec un ou deux enfants et un mari qui ne m’ennuyerait jamais. Mais je vivrais de quoi ? Je ne sait que lire quelques mots français. Si j’avais étudié la médecine ou même l’anglais, j’aurais pu vivre à la campagne en tant que médecin ou enseignante. Le français, c’est comme quelque chose de Mars pour mes villageois. Ce serait possible que mes enfants s’ennuyeraient de la vie à la campagne qui manque de musées et de concerts. Il faut que je les emmène de temps en temps à la ville...Je n’aurais pas de terre dont je ne sais rien, mais ça me ferais plaisir d’avoir un jardin de légumes ; je n’aurais pas d’animaux non plus car ils me font peur depuis mon enfance. Je ne caresse jamais aucun animal...J’ai raconté mes rêves à maman qui a ri : « Les enseignants des écoles à la campagne touchent combien de salaire chaque mois, tu sais ? » « Je ne sais pas... » « Tu rêves, ma fille. » De toute façon, les rêves restent les rêves d'autant plus que maman m’a dit que les maisons seront détruites par le gouvernement de la commune dans quelques ans pour construire les appartements dans les villages. Est-ce la peine ?

2 评论:

ton illusion a dit…

Ah! rêver sous les premiers rayons de soleil de l'année. Mais je suis d'accord, "le français, c'est quelque chose de Mars", donc c'est aussi un beau rêve diurne!

Bernard Grandjean a dit…

La campagne, c'est beau pour les vacances et les week ends; mais l'avenir et la modernité, ça se joue dans les villes, surtout en Chine, non ? Courage, Neige, il faut tenir et venir à bout des études !

Bernard (qui vit sur Mars)

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