mardi 12 février 2008

L'appartement et le mariage

Quand j’étais au lycée, mes parents faisaient des épargnes pour mes études universitaires ; maintenant je suis à l’université, ils font des épargnes pour mon mariage : c’est à dire un appartement dans la ville. En général, ce sont les garçons qui offrent l’appartement pour le mariage. Je me demandais pourquoi, alors Yuanyuan m’a dit : « Tu réfléchis ! Tes parents t’ont élevée jusqu’à 25 ans par exemple, mais quand tu te marieras, tu deviendras la fille des parents de ton mari, c’est ses parents que tu entreteniras pour le reste de ta vie. N’est-ce pas que sa famille doit offrir l’appartement ? » « Ce que tu dis, c’est du passé. Maintenant qu’on est tous l’enfant unique, les couples doivent entretenir les parents de toutes les deux familles, n’est-ce pas ? Ce n’est pas raisonnable que seuls les garçons offrent l’appartement. » « Mais votre enfant va porter le nom de la famille de ton mari ! » « Ce n’est pas certain », j’ai ri, « dans mon village, les familles disputent avant le mariage pour fixer le nom du futur enfant. » La solution la plus populaire est qu’on se met en accord avant le mariage : si l’enfant est un garçon, il porte le nom d’une famille; si c’est une fille, le nom de l’autre. Chez mon cousin, il a un fils depuis le printemps dernier et le bébé porte le nom de sa mère parce que d’après l’accord mis par les deux familles : le premier enfant, garçon ou fille, portera le nom de la femme, le deuxième le nom du mari. On peux avoir deux enfants si le mari et la femme sont tous l’enfant unique d’après la politique actuelle. Mes parents ne supportent pas les frais d’un appartement bien sûr, mais maman insiste qu’on doit payer plus ou moins : « C’est pour ta position dans la famille. » Ca me fait toujours rire de parler de l’appartement, du mari : « Maman, je n’ai même pas de copain maintenant.» « Mais cela arrive tôt ou tard. Tu n’es pas petite.C’est l’heure de chercher un garçon.» Chercher un garçon... Mon amie d’enfance, qui cherche avec son copain un appartement à Nankin pour préparer leur mariage m’a dit : « Tu ne peux pas imaginer le prix des appartements. C’est fou ! Heureusement, la famille de mon copain est riche. Je ne le savais pas avant qu’on soit ensemble, d’ailleurs. Il faut dire que j’ai de la chance. Crois-moi, ma soeur, il faut que tu cherche un garçon riche, sinon, tu aurais une vie dure... » Ma cousine, qui s’est installée dans une petite pièce à la ville de Nantong avec son mari, m’a avertie : « Je te donne un conseil, ma cousine : cherche un homme qui a un appartement. Moi, c’est déjà trop tard... » Florence, elle m’a dit avant que je soit rentrée de Nankin cette fois-ci qu’elle voulait une rupture avec son copain. Elle avait besoin de mon engouragement pour sa rupture. Alors je l’ai encouragée beaucoup sans même connaître son copain ( j’avais demandé de le voir, mais elle n’avait pas voulu me le présenter. C’est dommage parce que je voulais vraiment savoir à quoi ressemblait le garçon qui avait conquéri ma Florence raisonnable et intelligente. C'est seulement au jour où elle a quitté Nankin que j'ai pu jeter un coup d'oeil au garçon.) A la fin, elle m’a dit un mot : « Le prix des appartements est trop haut. Tellement haut à tordre les âmes des jeunes. » « Ah ? Pourquoi tu parles du prix des appartements ? » Voilà la cause : la famille du garçon a connu une faillite l’été dernier et que le garçon en est assez douleureux parce qu’il pense qu’il ne serait plus capable d’apporter les bonheurs à Florence sans le support familial. La jeunessse d’une fille est courte, il n’ose pas la faire attendre sa réussite. Quand il a perdu sa propre confiance, tout est fini entre eux. Je comprends ce que signifie le support familial pour un garçon. Le printemps dernier quand j’étudiais la danse, à la première conversation entre mon partenaire et moi, il m’a dit : « Mes parents préparent 300 mille pour le premier payement de l’appartement pour mon mariage. » « Ah bon ? C’est...c’est très bien.» « Ma maman veut un petit-fils. » « Ah bon ? Ta futur femme aurait de la pression... » « Mais, un fils ou une fille, ça m’égale ! » Il était un garçon assez gentil qui travaillait pour une entreprise américaine. Il m’a invité à faire beaucoup de promenades et m’a fait connaître des lieux secrets du campus où il était allée seul quand il avait été étudiant.On a passé des moments agréables au soir du printemps et du début de l’été. Mais quand il me regardait avec des sourires, les 300 mille pour l’appartement et un bébé me pesaient... C’est ça qui me gène : avant qu’on prenne le temps de se connaître et s’aimer, on pense déjà au mariage qui nous pèse. On ne s’était pas vu pendant des mois jusqu’à la deuxième neige de cet hiver. Il restait debout sur la porte d’un dortoir des filles. Je voulais le saluer mais il s’est enfui de mon regard. Tant pis. « Tous mes souhaits pour toi et la fille dans le dortoir », je lui ai dit dans mon coeur en regardant encore une fois cette scène classique du campus : un garçon attend sa bien-aimée devant son dortoir où vivent les autres filles qui sont en train de faire des conseils à la fille sur ses habits ou sa coiffure et qui lui crient en riant : vite, il t’attend !...La vie est belle, on peut même le dire.

2 评论:

Jean-Baptiste a dit…

Quand j'avais vingt ans, je ressentais aussi cette contradiction entre "se connaître et s'aimer" en oubliant tout le reste, et "se mettre en couple", avec toutes les histoires comme la naissance des enfants, le choix d'un logement convenable, les relations avec nos parents qui deviennent les grands-parents des enfants, tout ça. Cela semble deux trucs totalement différents. D'une part, l'amour, et d'autre part, l'accession à une vie presque bourgeoise, familiale en tous cas. C'est vrai, ça se contredit, mais en ayant un peu plus de vingt ans, on bricole un truc intermédiaire. On choisit d'être avec une personne qu'on trouve plaisante à avoir près de soi au quotidien. On cherche des solutions originales au logement et au travail pour ne pas sembler trop bourgeois. Travailler pour la recherche, faire une longue mission en Chine, divers aménagements dans la condition de père de famille pour se croire toujours un étudiant. La vie est faite de compromis. Pourquoi pas? Mais quand on est très jeune et pur, on a du mal avec cette idée.

Io Kanaan a dit…

J'ai entendu une belle chanson sur le mariage, et je crois même que Cochonfucius en a écrit une adaptation un peu bizarre. Moi qui suis un simple prophète, je peux rester libre toute ma vie, c'est beaucoup plus simple.

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