lundi 21 janvier 2008

Un Pékinois dans le train de Shanghai à Nankin

« Excusez-moi... » Je suis forcée à lever ma tête en ouvrant mes yeux pour le laisser sortir. Il revient bientôt des toilettes.Et je ferme mes yeux de nouveau, mais impossbile de dormir parce que celui-là est un bavard : « C’est bizarre que vous voulez tellement dormir ! » « Je suis fatiguée. J’ai fini à peine mon travail. » « Ah bon ? Vous êtes Pékinoise ? » J’en suis étonnée : «Non, pourquoi ? » « Vous parlez avec un accent de Pékin. Moi, je suis Pékinois. » Etrange. Mais je ne dors plus et on commence à parler. Il est arrivé à Nankin il y a trois jours pour ses affaires et il est allé à Suzhou pour faire une petite visite. Maintenant, il revient à Nankin comme moi. Toutes ces deux villes lui plaisent. « Et Shanghai ? » « Shanghai ? Il n’y a pas de grand chose à voir. Les rues sont trop petites et les bâtiments sont trop hauts. Je respire avec beaucoup de peine à Shanghai. »
Le Pékinois est un grand passionné de l’histoire et il aime bien visiter des monuments historiques.Il a participé à l’événement de 89 dont, d’après lui, on pourra parler à notre guise dans 10 ans où la génération de 89 sera presque morte. « Finalement, on n’a pas été contre le parti, mais la corruption qui reste encore grave aujourd’hui, malheureusement. » Il a vu des blessures et des morts à l’époque et il trouve tout à fait bien ce qu’ont fait les autorités : « Pour un pays comme le notre, la stabilité est la chose la plus importante. Si on était comme la Russie, comment on peux se développer si rapidement ces derniers années ? D’ailleurs, pour un peuple comme le notre, la démocratie ne marcherait pas. »
Le Pékinois a une fille un an plus âgée que moi, et il est tombé amoureux d’une fille un an plus jeune que moi sur l’Internet : « J’ai parlé avec elle tous les jours pendant trois mois. Il y a eu des jours où l’enregistrement de notre conversation ont dépassé cent pages! J’ai été fou d’elle. Elle m’a demandé qu’on se voie dans un café à une heure du matin. J’y suis allé avec ma voiture et après ce rendez-vous, je n’ai plus eu l’envie de parler avec elle. » Je ris et je lui dit : « Votre femme n’en a su rien, je crois. » « Oh bien sûr. Mais cette chose-là, c’était comme un beau rêve, comme si j’ai retrouvé mon premier amour. Tu as ton premier amour ? » « Oui oui. »
Enfin, il me donne sa carte de visite. Tout à coup, le train me paraît surréaliste avec cette carte de visite et cet homme avec de beaux yeux à côté de moi : XX, photographe et éditeur de l’album Les vieux arbres de Pékin. Je lui pose des questions sur lesquelles on a discuté sur le blog de Guillaume l’année dernière. C’est dommage qu’il ne sait pas grand chose, à mes yeux, là-dessus. Il a mis quatre ans à photographier les fameux vieux arbres de Pékin et a fait publier un album qui va bientôt voir le jour. Il veut m’offrir une copie. « Merci beaucoup. Il se vendra bien, je pense. » « Mais non, ce n’est pas pour vendre ! » « Ah bon ?! » « Je donne mes albums à ceux qui adoptent de vieux arbres. » « Adopter ? » « C’est à dire qu’ils offrent un somme d’argent à l’administration qui protège les vieux arbres. Et je met leur nom avec l’arbre sur mon site. Mais l’adoption ne dure qu’un an. Il faut redonner de l’argent s’ils veulement maintenir l’adoption. Je cherche des riches, bien sûr. » « Dis-donc, vous avez un métier intéressant. » « Ce n’est certainement pas mon métier principal, je le fais par intérêt. » « Quels sont vos métiers principaux alors ? » « Enfin...beaucoup d’autres. » Bon, comme il ne veut pas en parler, je ne demande plus rien. Nankin déjà.

3 评论:

Io Kanaan a dit…

Peut-être que tu as vraiment dormi dans le train, et tu as rêvé cette belle histoire du protecteur des arbres... Comment savoir?

Io Kanaan, un peu plus tard, a dit…

Le texte du 30 janvier montre que ce n'était pas un rêve.

Io Kanaan, encore plus tard, a dit…

... et le premier billet du
28 février éclaire encore plus notre curiosité amicale.

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