jeudi 31 janvier 2008

La grande maison des Gan

Il fait beau. Cela me donne envie de sortir. Le concierge me demande sur la porte : « Tu n’es pas encore rentrée ?! » Une explication du transport. « Si tu restes ici pour passer la nouvelle année, oh la la, que ce serait triste : sans famille, ni télévision...Ah, le directeur universitaire va dîner à la veille avec les étudiants qui ne rentrent pas comme chaque année.» Je ris : « Et ben, je préfère dîner avec mes parents qu’avec le directeur universitaire. Ne vous inquiétez pas, je peux rentrer avant la veille. » Que l’achat du billet m’ennuie...
Ma destination : le musée des moeurs folkloriques (qui fut la résidence d’un lettré de la dynastie des Qing.) Malgré le beau temps, la vue des rues est terrible, avec de la neige sale et de la boue. Voilà la ruelle où se trouve le musée :Au bord de la ruelle, j’aperçois un monsieur qui fait sa calligraphie. J’espère que mon appareil photo ne l’a pas dérangé: Il n’y a presque pas d’autres visiteurs dans le musée. Un trésor culturel. C’est bizarre que je n’ai pas pensé à y aller pendant les quatre ans passés. Le Nankinois à qui j’ai demandé le chemin m’a répondu : « Vous voulez dire la grande maison des Gan ? Voilà... » J’aime bien que les gens l’appellent « la grande maison des Gan » au lieu de « la résidence de Gan Xi » ou « le Musée des moeurs folkloriques », comme si la maison est celle d’un voisin qu’ils connaissent bien.
C’est vrai qu’il y a peu de visiteurs, mais la maison (la résidence comprend beaucoup de maisons en fait ) n’est pas vide du tout. Depuis que j’y suis entrée, j’entends l’opéra de Pékin quelque part. Après une heure de visite, je vois finalement où vient l’opéra :Ils sont des amateurs de l’opéra. Une dame me dit avec un bel sourire : « Si vous vous y intéressez, vous pouvez venir tous les après-midi. » Gênée, je réponds : « Je...je n’en connaîs rien. » Mais ce n’est pas grave. Quand je serai vieille, j’apprendrai à chanter l’opéra, ainsi qu’à faire la calligraphie, la peinture traditionnelle, le taiji...toutes ces choses d’une élégance du passé où l’on prit le temps à faire des choses.
On dit toujours « quand je serai... », comme s’il y a toujours un quand-je-serai qui nous attend...

3 评论:

Cochonfucius a dit…

J'ai entendu mes
professeurs
dire "you bu xue, lao he wei", autrement dit, "s'il n'étudie pas dans la prime enfance, que deviendra-t-il dans la vieillesse?" et je pense que pour l’opéra, ainsi que la calligraphie, la peinture traditionnelle, le taiji, toutes ces choses grandioses, c'est vraiment très jeune qu'il faut commencer. Il faut, comme Obélix le Gaulois, être tombé dedans quand on était petit.

D'autre part, quand nous serons morts, nous n'en aurons plus besoin.

Ben a dit…

Le Sanzi jing, on peut dire que Cochonfucius a eu de bons professeurs. Je ne sais pas ce que je deviendrai dans ma vieillesse et ma "prime enfance" est déja bien révolue, mais j'aimerais bien apprendre le chinois classique. Avec le Sanzi, ça doit être possible, même à mon âge déja tardif. Mais comme je suis un peu paresseux, j'attends juste le moment où le désir deviendra assez fort pour que sa réalisation ne me demande aucun effort.

Cochonfucius a dit…

Ben, il n'est jamais trop tard dans la nuit pour allumer une lanterne.

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